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14.10.2013

TRAVAIL & SANTÉ : UNE DOUBLE PRÉCARITÉ ?

Chiffres 2013 du travail des jeunes

Pour les jeunes Français, l'insertion sur le marché du travail est devenue un vrai défi. Contrats à durée déterminée (CDD) courts, missions intérim sans débouchés, petits jobs alimentaires aux conditions précaires : la stabilité professionnelle est devenue un luxe pour de nombreux jeunes travailleurs. Aujourd'hui, parmi les 15-29 ans, « un jeune actif sur trois est sous contrat temporaire, et un sur quatre recherche un emploi ». Des chiffres qui montrent une nette tendance du marché de l'emploi à la précarisation, qu'elle soit professionnelle ou personnelle.

Instabilité entre emploi et recherche

En juillet dernier, le magazine Santé et travail s'intéressait à la santé des jeunes dans un dossier intitulé « Le destin précaire des jeunes travailleurs ». L'occasion de tirer quelques constats et analyses, tant sur le plan du travail que sur le plan personnel. Car, selon le magazine, les deux vont de pair et la tendance est à la détérioration. Concernant les jeunes actifs, la journaliste constate que « les périodes de travail souvent intenses sont ponctuées d'épisodes d'inactivité, de chômage ou de sous-emploi ». Des écarts de niveaux et d'habitudes de vie qui impactent la santé : manque de suivi régulier, rythme de vie saccadé où sport, alimentation équilibrée, épanouissement sont laissés de côté face à des problématiques plus urgentes.

La précarité impacte aussi la santé

Marie Pascual, médecin du travail, dénonce les impacts de la précarité sur la santé des jeunes : « le suivi médical des jeunes précaires est bâclé. Ils ne sont pas formés, sont mal encadrés, stressés. Ils vont tâcher de montrer qu'ils y arrivent. C'est un facteur de risque. » Et ces facteurs de risque se multiplient selon le magazine, car accidents du travail et maladies professionnelles se développent aussi chez les jeunes. Pourtant, les statistiques officielles montrent peu cette tendance, en raison d'un taux de sous-déclaration qui « avoisinerait les 59 % chez les moins de 30 ans » (contre 20 % sur l'ensemble de la population).